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Fin d’un chapitre, la poursuite d’un autre

Une année comme responsable de la préparation physique en football universitaire canadien

Au cours de l’année 2017, j’ai eu le privilège d’occuper le poste de responsable de la préparation physique avec l’équipe de football du Vert & Or de l’Université Sherbrooke. L’équipe vivait à ce moment une période de transition et d’adaptation suite à la nomination d’un nouvel entraineur-chef. Il s’agissait donc d’une belle opportunité de vraiment mettre en place mon approche en préparation physique. Sur le plan professionnel, je m’étais donné la mission suivante : assurer le développement et la préparation des étudiants-athlètes de l’équipe de football à répondre aux exigences physiques du sport selon une approche centrée sur l’athlète favorisant l’individualité de chacun, la compétence, la responsabilisation et l’éducation. En résumé, il s’agissait de fournir différents outils aux joueurs afin que ceux-ci puissent prendre en main leur propre développement selon leurs besoins, tout cela à l’intérieur d’une structure mise en place en fonction de notre contexte universitaire.

Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, nous n’avions qu’un seul programme d’entrainement pour toute l’équipe. Il était important pour moi de passer beaucoup de temps à ‘coacher’ les joueurs plutôt que de passer la plupart de mon temps sur mon ordinateur à rédiger des programmes spécifiques à chaque position. Toutefois, ce programme était flexible. Par exemple, au lieu de demander la réalisation d’un épaulé de suspension comme premier exercice de nos séances de musculation du lundi, il était inscrit variation de l’épaulé. Ainsi, je précisais le type de mouvement que je souhaitais que les joueurs exécutent tout en me donnant la liberté de choisir avec eux l’exercice le mieux adapté à leur situation. Pour certains, il s’agissait d’une tirade haute avec haltères courts alors que pour certains joueurs plus avancés sur le plan technique, ceux-ci étaient en mesure de réaliser un épaulé complet à partir du sol. Le choix de l’exercice était donc fait en fonction de l’individu et aussi en fonction de la thématique de notre séance d’accélérations linéaires du lendemain. Justement, au cours de ces séances de course, il était plus difficile d’individualiser les exercices dans ce contexte de groupe. Toutefois, les distances étaient ajustées en fonction de la position (courtes distances de 5-10 mètres pour les joueurs de ligne et distances plus grandes pour les receveurs et demis défensifs). Lorsque je prends le temps de refléter sur l’approche utilisée, je n’ai aucun doute que celle-ci était tout à fait adaptée à la réalité d’un étudiant-athlète universitaire. Évidemment, il faut être en mesure d’adapter son approche selon les besoins et les différentes situations auxquelles nous pouvons faire face, mais en fin de compte, les joueurs étaient en mesure de conjuguer la réalité d’étudiants universitaires avec celle d’athlètes amateurs au plus haut niveau de compétition et pour plusieurs, avec un emploi à temps partiel et des engagements familiaux.

Parallèlement à mon travail à temps plein comme préparateur physique, je devais également poursuivre mon parcours comme étudiant à temps plein au doctorat. Au cours de l’année 2017, j’ai donc recueilli les données nécessaires à la rédaction de ma thèse en plus de poursuivre un projet de recherche avec l’utilisation de microtechnologies GPS qui a été entamé avant la saison 2016. Avec les exigences associées au doctorat (lectures, rédaction d’articles à paraître dans des journaux scientifiques, rédaction de la thèse), à une charge de cours et à un travail à temps plein, j’ai récemment dû prendre un moment de réflexion afin d’établir mes priorités. Il devenait évident que je ne pouvais plus conjuguer ces trois rôles selon mes propres standards et qu’un choix se devait d’être fait.

C’est donc dans ces circonstances que j’ai décidé de prendre le temps nécessaire pour compléter la rédaction de ma thèse. Il est certain que le moment d’annoncer une telle décision n’est jamais idéal, mais je suis heureux de constater que l’approche que j’ai mise en place, une approche centrée sur l’athlète (Athlete-Centred coaching) inspirée des travaux de Lynn Kidman et de nombreuses discussions avec mon bon ami Nick Hill, pourra être continuée alors que c’est un jeune entraîneur et mon assistant l’an dernier qui prendra le relais. Le plus difficile dans cette décision demeure évidemment de devoir arrêter de travailler pour l’intérêt des jeunes étudiants-athlètes. Lorsque l’on utilise une telle approche, on développe une relation avec ces jeunes individus, leurs intérêts étant placés au centre de nos préoccupations.  Comme le mentionne Wayne Smith, célèbre entraineur-adjoint avec les All Blacks de la Nouvelle-Zélande : « The trophies and the medals, they tarnish over time, it’s the people that count ». Je demeure persuadé que j’aurais l’opportunité de travailler à nouveau avec une équipe sportive, peu importe le sport ou le niveau de compétition. Le sentiment de pouvoir avoir un impact sur le développement personnel et sportif de jeunes étudiants(es)-athlètes demeure une grande source de motivation. En ce moment, au niveau de la préparation physique, je me concentre à encadrer que quelques athlètes, mais garder un pied sur le terrain est très important pour moi. Cela me permet notamment de centrer mon attention sur leurs besoins et de pouvoir parfaire mon approche, autant comme préparateur physique que comme entraineur.

Conférence « La recherche au service de l’excellence »

Le 7 mai 2016 au Sandman Hôtel de Longueuil se tiendra une conférence organisée par le Laboratoire d’étude de la Performance Humaine de l’UQÀM et ses partenaires ayant pour titre : « La recherche au service de l’excellence ».

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Les sujets suivant seront abordés :

  • Détection vs développement de talent par Mauricio Garzon, PhD.
  • La synergie des nutriments et des enjeux nutritionnels par Sandra Morales, Dt.P
  • Programmer et réguler l’entrainement par Xavier Roy, M.Sc.
  • La méthode des jeux réduits et l’optimisation de la préparation physique par Ramdane Almanga, M.Sc.
  • Conférence spéciale sur L’évolution de l’entrainement et les changements de mentalités par Michel Portmann, PhD

Pour ceux qui souhaitent obtenir plus d’informations sur cette conférence, vous pouvez consulter le document ci-dessous.

Dépliant La recherche au service de l’excellence

La différence entre programmer et réguler l’entrainement au quotidien

Programmer et réguler quotidiennement l’entrainement sont deux opérations importantes dans la pratique des entraineurs. Pour les experts questionnés par les auteurs du livre Les experts en questions : Savoirs professionnels en matière d’entrainement (Krantz & Dartnell, 2008), programmer et réguler sont complémentaires l’un à l’autre et il conviendrait plutôt de bien savoir gérer le compromis entre programmer l’entrainement et le réguler dans sa mise en pratique.

Par esprit de synthèse, les différents entraineurs questionnés définissent la programmation comme l’action de prévoir, d’émettre un ensemble d’hypothèses ou de proposer un fil conducteur afin de hiérarchiser les objectifs à atteindre dans une démarche scientifique et probabiliste qui amène l’athlète à progressivement améliorer sa forme sportive et à optimiser l’ensemble de ses ressources lors des compétitions (Krantz & Dartnell, 2008). Cette opération propose comme avantages une détermination précise des objectifs à atteindre et de l’itinéraire à suivre et de constituer un point de repère temporel important pour l’athlète. Cependant, cette démarche ne prend pas en considération les imprévus pouvant survenir au cours du processus d’entrainement.

Par opposition, la régulation de l’entrainement au quotidien est plutôt définie comme « l’adaptation pragmatique à la situation du moment » (citation de Michel Portmans dans Krantz & Dartnell (2008)) qui implique de placer l’individu au centre du processus d’entrainement. Concrètement, cela signifie chez l’entraineur d’être à l’écoute de l’athlète et de gérer un ensemble de facteurs affectifs, cognitifs et énergétiques interagissant entre eux de manière dynamique dans le contexte actuel où se déroule l’entrainement. Cette opération a l’avantage d’être plus près de la réalité de l’athlète et de l’entraineur, mais peut perdre de sa cohérence lorsqu’elle se distancie de ce qui a été planifié au préalable.

Source :

Krantz, N., & Dartnell, L. (2008). Les experts en questions: Savoirs professionnels en matière d’entrainement (2 ième.). Paris, France: INSEP – Publications.