Catch them being good : Pourquoi adopter un discours positif

Le rôle d’un entraineur sportif ou d’un préparateur physique est beaucoup plus que la transmission d’un savoir technique et spécialisé où l’athlète se trouve dans une posture passive de réception de cette information. Pour que l’athlète apprenne, celui-ci doit être impliqué dans ce processus d’apprentissage qui est le sien, avec l’aide de l’entraineur. L’utilisation de rétroactions permet de cibler des moments précis pendant lesquels l’athlète peut s’améliorer. Cela est possible lors des séances d’entrainement en développement athlétique, lors des séances technico-tactiques et lors des matchs, entre autres.

Or, vous êtes-vous déjà interrogé quant à votre sélection de ces « coachable moments » et du type de langage utilisé lors des rétroactions envers les athlètes avec qui vous travaillez? Il y a quelques semaines, Greg Thompson, un enseignant en éducation physique qui agit également comme faculty member lors des GAIN mentorship programs, a suggéré sur le forum la lecture du livre Catch them being good : Everything you need to know to successfully coach girls.

L’un des auteurs, Tony DiCicco, a été l’entraineur de l’équipe féminine américaine de soccer, gagnante de la Médaille d’or aux Jeux olympiques de 1996 et de la Coupe du monde en 1999. À un certain point dans leur parcours, deux joueuses de l’équipe sont venues à sa rencontre pour lui parler de son approche plutôt négative quant à ses commentaires et rétroactions en réponse aux performances de l’équipe. Ce dernier donnait l’impression qu’il pourrait retrancher plusieurs joueuses vétérans de l’équipe pour faire place à des plus jeunes. Après une courte période de réflexion, cet entraineur a ciblé son intervention envers les joueuses comme étant trop négative. Il ciblait trop souvent les aspects négatifs de la performance des joueuses au lieu de souligner les bons coups. Au lieu de renforcer l’atteinte du modèle de performance qu’il avait pour vision, ce dernier ciblait les mauvaises décisions des joueuses ; rendant ainsi leur jeu hésitant et enclin à la remise en question.

Au retour d’une pause de quelques semaines et avec l’aide de son équipe d’entraineurs et de sa consultante en psychologie du sport, DiCicco a décidé de cibler les aspects positifs de la performance des joueuses en situation de pratique et en match. Pour l’entraineur, il fallait donc mettre l’accent sur le positif et célébrer les bonnes décisions des joueuses lorsque celles-ci cadraient dans le modèle de performance à atteindre.

Qu’est-ce que cela veut dire dans la pratique de l’entraineur sportif ou du préparateur physique dans notre pratique quotidienne? Trop souvent, il est vrai que nous pouvons centrer notre discours envers des athlètes sur des aspects qu’ils doivent améliorer. À long terme, ce discours peut sembler négatif effectivement. Imaginez un instant un athlète, qui présente certaines lacunes dans son jeu ou dans la performance de certains mouvements plus complexes en salle de musculation et qui reçoit constamment des rétroactions sur sa performance comme quoi celle-ci est sous-optimale, qu’il doit améliorer x sinon il ne verra jamais du terrain, etc. Plutôt facile de trouver ce discours décourageant sur le long terme. À l’inverse, malgré qu’il puisse éprouver certaines difficultés à réaliser un mouvement d’épaulé en haltérophilie par exemple lors de la réception de la barre, l’athlète en question est capable de bien coordonner sa triple extension du complexe cheville-genou-hanche et réalise très bien un squat avant. Pourquoi alors ne pas souligner ces deux aspects positifs de sa performance et renforcer le fait qu’avec de la pratique, la qualité de son exécution complète du mouvement va s’améliorer?

Bref, offrir des rétroactions quant aux performances des athlètes avec qui nous travaillons est un acte essentiel de notre pratique. Néanmoins, peut-être est-il envisageable de porter attention à notre discours pour que ces rétroactions soient davantage positives et offrent à l’athlète un renforcement de ce qu’il fait de bien beaucoup plus souvent que ce qu’il doit améliorer. Et surtout, tâchez d’éliminer le négatif dans votre discours. C’est là une des raisons pour lesquelles je prends soin de remplacer le mot « faiblesse » par « aspect à améliorer » dans mon discours. Si cela vous intéresse, je vous suggère également le livre Growth Mindset de Carol Dweck sur la psychologie du succès.

Référence : https://www.amazon.com/Catch-Them-Being-Good-Successfully/dp/0142003352

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Références :

DiCicco, T., Hacker, C., & Salzberg, C. (2003). Catch Them Being Good: Everything You Need to Know to Successfully Coach Girls. New York: Penguin Groups.

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