Événement Table Ronde du doctorat en éducation à l’UQAM – Ce que j’ai retenu de la présentation de Jacques Brodeur

Vendredi dernier avait lieu, dans le cadre du cours DME9005 Méthodes de recherche du doctorat réseau en éducation, l’événement Les sciences de l’éducation, de la théorie à la pratique. Quelles trajectoires?  Cet événement, de style table ronde, regroupait différents intervenants du milieu de l’éducation, autant en recherche que sur le terrain.  Les sujets étaient variés et pertinents afin de palier l’espace qui séparent souvent la recherche de la pratique.  Toutefois, en ce qui a trait à la santé des jeunes dans son ensemble, la présentation de Jacques Brodeur a ressorti du lot.

Jacques Brodeur possède un Baccalauréat en Sciences de l’éducation, mention Éducation physique, de l’Université Laval. Il a d’abord été enseignant de l’éducation pendant 35 années.  Il a par la suite créé le programme d’éducation médiatique Edupax; un programme axé sur la prévention de la violence et de l’obésité.  Puis, en 2003, il a créé le programme de réduction du temps-écrans connu sous le nom de Défi sans écrans.  En 2009 et en 2011, il organise deux colloques sur les impacts de la surexposition des jeunes aux écrans et vulgarise les découvertes scientifiques sur ces impacts, aussi nombreux que variés. Depuis mai 2009, il assure une veille en ligne sur la recherche en lien avec l’éducation, l’intimidation, les incivilités, le vivre ensemble et la citoyenneté.

D’un dynamisme contagieux et affichant une véritable passion pour son métier d’éducateur physique et à la santé, Monsieur Brodeur débute sa présentation en soutenant qu’il faut changer la culture de l’éducation physique.  Il faut percevoir le jeu comme une culture pédagogique, une culture d’apprentissage où l’accent doit être mis sur la coopération et non sur la compétition et la peur de l’échec, deux composantes qui tuent le plaisir de jouer chez l’enfant.  Cette culture de coopération entre l’enfant et son enseignant, et à un autre niveau le parent, pourrait aider l’enseignant à retrouver le plaisir d’enseigner; plaisir qui semble difficile de cultiver et entretenir pour certains dans le contexte scolaire actuel.

Pour Jacques Brodeur, cette souffrance chez l’enseignant et chez l’enfant provient de la diminution du temps de conversation familiale.  Au cours des dernières décennies, à la lumière des avancées technologiques et des changements sociaux, le temps de conversation familiale entre l’enfant et ses parents a grandement diminué.  Les enfants de nos jours, soutient Brodeur en se référant à la recherche, ne communiquent plus avec leurs parents!  Ces derniers sont souvent absents à cause du travail et disposent de moins de temps à passer avec leur enfant.  Parallèlement à ce phénomène, le temps que les enfants passent devant un écran (ordinateur, télévision ou iPad) augmente de façon vertigineuse.  Ce temps passé devant les écrans a un effet très néfaste sur le développement du cerveau chez l’enfant.  L’enfant sera, entre autres, désensibilisé face à des actes plus ou moins adéquats dans notre société.  Jacques Brodeur donne comme exemple l’insensibilité des jeunes face à la violence qui est issue de jeux comme Grand Theft Auto par exemple.

Cette désensibilisation face à la violence de toute sorte n’est pas le seul problème de l’augmentation du temps passé devant un écran.  On note une hausse de la sédentarité, de l’obésité et du déficit d’attention chez les jeunes, combinée à des troubles de comportement, une baisse des résultats scolaires et une augmentation du décrochage scolaire.

Pour contrer ces phénomènes, il faut se questionner sur les moyens à prendre pour améliorer la relation école-famille pour le bien-être des enfants, des parents et des enseignants.  Diminution du temps passé devant un écran, flexibilité dans l’horaire de travail des parents afin qu’ils puissent passer plus de temps avec leur enfant, parents qui assument davantage leur rôle d’autorité auprès de l’enfant, participation à des activités physiques en famille, stimulation des aptitudes physiques de manière régulière à l’école (plus de temps accordé à l’éducation physique par exemple), etc.

Bref, ce que l’on peut retirer de la présentation de Jacques Brodeur au cours de cette table ronde est la nécessité d’un lien très fort entre l’enfant et ses parents.  Ce lien, combiné à des activités physiques et sociales, pourraient faciliter de beaucoup son rendement académique et faciliter son développement social et cognitif à long terme.

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