Un système d’entraînement à priorités

J’ai eu la chance aujourd’hui d’assister à la première partie du séminaire du Boston Sport Medicine and Performance Group (BSMPG) et cela, pour la troisième année consécutive.  Au cours de la dernière semaine, j’ai eu une réflexion concernant la structure d’une séance d’entraînement, principalement suite à la lecture du livre Coach’s Strength Training Playbook de Joe Kenn.  La participation à un sport, que cela soit un sport d’équipe, un sport individuel, technique-tactique ou autre, ne requiert pas seulement la préparation physique.  La pratique du sport est souvent plus complète et doit inclure beaucoup plus que juste la préparation physique.  Il y a souvent une stratégie à adopter, d’autres qualités physiques et filières énergétiques à entraîner, mais également la coordination, la stabilité/contrôle moteur, la prise de décision, l’agilité, etc.  On parle d’entraîner également l’aspect psychologique du sport.  Comment peut-on entraîner toutes ces qualités dans le but de préparer l’athlète de manière optimale?

Je n’ai pas de réponse toute préparée à cette question.  Toutefois, est-il possible d’établir un système de priorités dans l’entraînement?  Et cela dans une même séance? Un système basé sur l’évaluation complète des capacités actuelles de l’athlète.  Être fort physiquement n’est pas la solution à toutes les situations.  Un manque de coordination pourrait alors faire pencher l’entraînement dans cette direction pendant que l’on maintient ou développe la force à une priorité secondaire ou même tertiaire.

Par exemple, un athlète en soccer peut obtenir un niveau de force et une capacité aérobie au-dessus de la norme à atteindre suite à certains tests, mais ce dernier est déficient en termes d’explosivité et de stabilité.  La priorité deviendrait alors l’entraînement en stabilité (1ère priorité), pour ensuite mettre l’accent sur le développement de l’explosivité (2e priorité), la force (3e) et la capacité aérobie (4e).  Ceci n’est qu’un exemple bien sûr.

Ce système n’a rien de révolutionnaire, au contraire.  Le processus de l’entraînement est déjà très structuré.  On entraîne les mouvements qui demande que l’organisme soit dans un état reposé en premier (entraînement de la vitesse, entraînement de la puissance – pliométrie «shock») pour ensuite poursuivre avec les qualités qui peuvent être entraînées dans un état de fatigue de modéré à important.  On structure l’entraînement selon la période de l’année, les demandes du sport, l’horaire de compétition, etc.  Il s’agirait seulement de prioriser l’entraînement en fonction de l’athlète, de sa capacité actuelle et de ses besoins afin de devenir un athlète plus complet qui sera prêt à performer au plus haut niveau de compétition.  Cela implique peut-être de diminuer l’accent sur la réalisation d’exercices de musculation et de limiter l’entraînement selon des mouvements:

  • Squat
  • Chaîne postérieure
  • Poussée – Haut du corps
  • Tirade – Haut du corps
  • Core

Mettre également l’accent sur l’absorption/décélération ou réduction des forces, la stabilité, la coordination et finalement la production des forces.  Est-il possible ensuite d’entraîner la fonction cognitive de l’athlète en intégration à l’entraînement physique?  La préparatrice physique des Jayhawks de l’Université du Kansas utilise les poutres de gymnastiques, la jonglerie et même Dance Dance Revolution et le reaction board dans l’entraînement des équipes de basketball.  Bref, beaucoup plus que de simplement développer les muscles ou quelques qualités.

Ceci peut ultimement permettre à l’athlète d’être au centre de l’intervention du préparateur physique.  Reste à voir comment cela peut être intégrer dans un contexte d’une équipe sportive.  L’idée reste à être peaufiner dans les semaines et mois à venir.

PS.  Les présentations aujourd’hui à Boston étaient excellentes.  Je suis impatient d’assister aux présentations de demain 😉

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